Importantes négociations en vue en 2010 : La FMOQ nourrit ses demandes en vue du renouvellement de la prochaine Entente générale
02 octobre 2009 |
Par Denis Méthot
La Fédération des médecins
omnipraticiens du Québec
(FMO Q) s’engagera au début de
2010 dans des négociations
déterminantes pour la médecine
de famill e au Québec. Presque
tous les enjeux de la pratique
en omnipratique, y compris la
question des AMP et des PREM ,
seront abordés dans le cadre
des discussions visant le
renouvell ement de l’Entente
générale avec le gouvernement.
La FMO Q entend bien saisir cette
occasion pour régler des
problèmes qui entravent le
travail des médecins de famille
et améliorer substantiell ement
leurs conditions d’exercice,
tant sur le plan logistique
que financier.
La dernière grande entente
conclue avec le gouvernement
a été signée en 2004 et
elle portait sur une période
de six ans. Elle viendra à échéance
en avril prochain. Entre-temps,
des négociations ont eu lieu au
chapitre de la rémunération, mais,
en 2010, les négociations porteront
sur l’ensemble de la pratique
au Québec. La FMOQ prépare
actuellement la table et le gouvernement
peut s’attendre à un menu
bien garni. Les premières discussions
devraient débuter au
début de 2010.
La FMOQ veut aussi
prof iter de l’occasion
pour régler d’autres
questions majeures,
notamment l’intégration
d’autres
prof essionnels dans
la pratique – les infirmières
en particulier –
et le dossier de
l’info rmatisation.
Cahier de demandes
Au cours des derniers mois, des
groupes de travail internes se sont
penchés sur les volets de la pratique
qui devraient être améliorés.
Dix-sept aspects ont été retenus.
Mais ce n’est qu’une ébauche. Ce
cahier de demandes pourrait être
enrichi à l’issue de la tournée des
associations régionales que le président
de la FMOQ, le Dr Louis
Godin, a entrepris de réaliser à la
mi-septembre pour s’entretenir
avec les médecins de la base.
La version finale de ce cahier
sera adoptée en congrès au début
de décembre et tiendra lieu de position
officielle de la FMOQ lors
des prochaines négociations.
Discussions importantes
En entrevue à L’actualité médicale,
le Dr Godin a indiqué que ces
négociations seront « très importantes
». « Quand on parle au ministre
de la Santé de l’avenir des
cabinets privés et de l’omnipratique,
il nous répond que c’est la
base de notre système de santé et
qu’il faut s’assurer de leur survie,
dit-il. Mais quand on veut aborder
les problématiques qui les
touchent, on nous répond toujours
: “ On va régler cela à la prochaine
négociation. ” On y arrive
très vite à la prochaine négociation.
»
Le Dr Godin trouve prématuré
de fixer la durée de la prochaine
Entente, mais il entend bien profiter
de ces négociations pour
tenter de régler plusieurs dossiers
de fond.
Au coeur des discussions
La palette de demandes présentées
par les omnipraticiens en
2010 sera très large. « Il est clair
que le niveau de rémunération
concurrentielle pour les médecins
de famille québécois sera au
coeur de nos demandes, signale le
Dr Godin. On veut aussi discuter
de la situation des cabinets privés,
de la rémunération de certains
secteurs, comme les médecins
à tarifs fixes et à tarifs
horaires, et ceux qui travaillent
en soins de longue durée. »
La FMOQ veut aussi profiter de
l’occasion pour régler d’autres
questions majeures, comme l’intégration
d’autres professionnels
dans la pratique, les infirmières en
particulier, le dossier de l’informatisation,
les médecins qui exercent
en santé publique et ceux qui
font du médico-administratif, et
des gardes en disponibilité.
AMP et PREM
La FMOQ souhaite aussi profiter
des circonstances pour revoir
l’épineuse question des AMP et
des PREM, des aspects irritants
qui sont toujours majeurs pour
les omnipraticiens. « On paie le
prix de cette approche très coercitive
parce que certains médecins
ne veulent plus travailler au
Québec à cause de cet environnement,
explique le Dr Godin. On
pense que c’est un exercice qui
n’a vraiment pas porté ses fruits
et on veut briser cette situation.
Nous croyons, à la FMOQ, que
des mesures plus incitatives, comme
fournir un meilleur encadrement
aux médecins pour leur
permettre de faire leur travail,
sont plus porteuses que l’obligation
d’aller travailler dans certains
secteurs un nombre d’heures
par semaine, ou dans certaines
régions. »
La FMOQ met la table : Les grands enjeux de la prochaine Entente générale avec le gouvernement
Le président de la FMOQ, le Dr Louis Godin, entend revenir sur le dossier des AMP
et des PREM lors des négociations avec le gouvernement en 2010.
Chaque médecin dans sa pratique
devra pouvoir compter sur
les services d'une infirmière. Il
pourra choisir son profil professionnel,
sera responsable de son
embauche et exercera sur elle une
autorité fonctionnelle et administrative.
Il devra aussi être payé pour
des actes posés par l’infirmière.
Cette compensation pourrait se
traduire par un forfait mensuel ou
un code d’acte de soins infirmiers.
Voilà l’une des recommandations
majeures qui figure dans la première
version du cahier de demandes
de la Fédération des médecins omnipraticiens
du Québec (FMOQ)
en vue du renouvellement de l’Entente
générale, qui sera échue en
avril 2010. Au chapitre des cabinets
privés, le document de travail insiste
sur l’urgence de trouver de nouvelles
sources de financement pour en
assurer la pérennité, propose des
ajustements à la nomenclature des
actes médicaux avec ajout de patients
à la liste des clientèles vulnérables
et affirme en matière d’informatisation
que tout médecin devrait
disposer d’un dossier médical électronique
et interopérable accessible
à distance. Un financement adéquat
devra être prévu pour l’achat de
matériel et le médecin devra recevoir
une compensation financière
pour la gestion du changement.
Voici une synthèse des autres
recommandations apparaissant
dans le cahier de demandes que le
président de la FMOQ, le Dr Louis
Godin, a entrepris d’aller présenter
à ses membres à travers la province.
La version finale sera enrichie
des commentaires des médecins.
Deuxième ligne
• Hospitalisation : bonification
globale de la rémunération
pour le travail les fins de semaine
et les heures défavorables.
Les rencontres multidisciplinaires
et les discussions
de cas devraient aussi être
rémunérées.
• Urgences : majoration de la
rémunération en lien avec celle
des urgentologues certifiés.
Cette majoration devrait être
de 130 % le soir et de 155 %
la nuit et la fin de semaine.
• Soins intensifs : ajouts à la
nomenclature et majoration
de la rémunération sous certains
aspects.
• Les activités médico-administratives
doivent être rémunérées
dans tous les secteurs
d’activité professionnels.
• Garde en disponibilité : majoration
de la rémunération
pouvant atteindre 30 % de la
rémunération quotidienne.
La garde en disponibilité devrait
être rémunérée à partir
de 16 heures.
• La rémunération des médecins
travaillant à honoraires
fixes devra être équitable par
rapport à ceux des autres
secteurs.
• Nouvelles modalités de
rémunération pour les soins
de longue durée et les soins
palliatifs, notamment la création
d’un forfait hebdomadaire
pour chaque patient jumelé
à un pourcentage des actes.
• Modèles de soins : le GMF demeure
le modèle par excellence,
mais chaque médecin faisant de
la prise en charge devrait avoir
droit à un soutien minimal,
comme l’accès à un dossier
médical électronique
et l’aide
d’une infirmière, et à un soutien
administratif de base. Le
soutien aux GMF devra aussi
être revu à la hausse.
• Rémunération différente :
le pourcentage de majoration
devra être égal en cabinet et en
établissement si le médecin répond
à certaines conditions.
Afin de favoriser la rétention,
la rémunération devrait être
accrue de 5 % après 3, 7 et
20 ans. Les indemnités de ressourcement
devront être revues
et les médecins devraient
avoir droit à deux congrès de
formation hors Québec par an.
• Le nombre de jours de
formation devrait passer de
7 à 10 et les allocations forfaitaires
quotidiennes devraient
être augmentées.
• Santé publique : les médecins
de santé publique devraient
jouir de conditions de travail
et d’exercice concurrentielles.
• Les AMP et les PREM devraient
être remplacés par des
mesures plus incitatives que
coercitives. Des AMP en cabinet
devront être reconnues
dans chacune des régions.
• Incitatif à la prise en charge en
cabinet et à la polyvalence.
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