GMF en danger
09 octobre 2009 |
Par Denis Méthot
Près de 25 groupes de médecine familiale (GMF) qui font l’objet d’un deuxième renouvellement de contrat se voient menacés d’une réduction de soutien financier, car ils n’ont pas réussi à atteindre les objectifs de 15 000 inscriptions fixés par le ministère de la Santé.
Les cas les plus nombreux se trouvent dans Chaudière-Appalaches, où la moitié des 14 GMF du territoire sont exposés à ces coupes. La situation touche aussi des groupes du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Mauricie.
Selon la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, la diminution pour certains des GMF en cause pourrait représenter 50 % du soutien qu’ils ont reçu à ce jour.
Le recul serait énorme. Si elles étaient appliquées aveuglément, les restrictions pourraient menacer certaines activités, voire la survie complète de certains GMF.
Le GMF Sainte-Croix/Saint-Patrice, où exerce le Dr Normand Drolet, n’a jamais réussi à inscrire 15 000 patients.
Resserrement majeur
Ces GMF de cliniques privées, d’UMF et de CLSC sont issus de la première vague de groupes qui ont signé un contrat avec le Ministère en 2002 et en 2003.
Il y a quelques mois, ils ont reçu une lettre de la directrice de l’organisation des services de première ligne intégrés au MSSS, la Dre Yolaine Galarneau, les avisant qu’ils devaient tenter d’atteindre l’objectif de 15 000 personnes.
Dans Chaudière-Appalaches, une région qui a perdu près de 40 % de ses omnipraticiens ces dernières années, plusieurs GMF ne dépassent plus les 10 000 patients inscrits à la suite de la désinscription automatique causée par le départ ou le décès de médecins.
Comme le premier renouvellement de contrat n’avait causé aucun problème en 2006, personne ne s’attendait à un tel resserrement en 2009, d’autant que le ministre de la Santé, le Dr Yves Bolduc, et le Ministère ne cessent de vanter la formule GMF et d’insister sur l’importance de la première ligne. La lettre du Dr Galarneau a été accueillie comme une douche froide par les groupes de médecine de famille menacés. Ces GMF, qui se disent des pionniers de la formule, se voient maintenant menacés de réduction budgétaire majeure faute d’avoir inscrit 15 000 patients.
Près d’une vingtaine d’autres GMF amorceront à leur tour le processus de renouvellement de leur contrat au début de l’hiver et pourraient subir le même sort, à moins que le Ministère n’assouplisse ou n’élargisse ses règles.
Raisons invoquées
Le nombre de patients inscrits dans quelques-uns de ces GMF n’a pas augmenté significativement et, dans certains cas, il a même diminué au fil des ans, notamment à cause du départ ou du décès de médecins de ce groupe. Dans Chaudière-Appalaches, on ne s'est jamais approché de la cible de 15 000 inscriptions dans plusieurs GMF aujourd’hui menacés, malgré les premières pondérations acceptées par le Ministère.
Outre la perte de médecins membres, plusieurs autres facteurs expliquent l’incapacité de ces GMF à inscrire 15 000 patients. Dans une lettre expédiée à la Dre Galarneau, le coordonnateur de la Table des chefs de DRMG, le Dr Laurent Marcoux, expliquait leur difficulté à atteindre les cibles en raison de la prise en charge d’un taux élevé de patients vulnérables, de l’implication importante des médecins de deuxième ligne, de l’obligation de répondre à la clientèle non inscrite dans leur secteur et des particularités d’une pratique d’enseignement en UMF.
Les membres de la Table des chefs de DRMG ont pris parti en faveur des GMF qui se trouvent sous la guillotine et se disent incapables de les pénaliser, à moins d’écarts importants ou de mauvaise volonté pour améliorer leur offre de services dans l’avenir.
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