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Restrictions appréhendées dans un GMF : Des impacts majeurs sur le budget, les services et le moral des médecins
09 octobre 2009 | Par Denis Méthot

Le GMF Sainte-Croix/Sainte-Patrice est menacé de restrictions budgétaires.

Le GMF Sainte-Croix/Saint-Patrice, dans Lotbinière, est l’un des sept groupes de médecine de famille (GMF) de Chaudière-Appalaches menacés de restrictions budgétaires par le ministère de la Santé parce qu’il n’a pas réussi à atteindre son objectif de 15 000 patients inscrits.

En septembre 2009, le GMF avait 7920 inscriptions à son actif, à peine la moitié de la cible fixée par le ministère de la Santé.
 
Agréé en juillet 2003, ce GMF compte au total sept médecins, mais ils sont plutôt 6,4 équivalents-temps plein, selon l’un de ses membres fondateurs, le Dr Normand Drolet.

Des coupes dans son budget de fonctionnement aurait un impact direct sur les services et sur le moral des médecins en place, avertit ce médecin, qui est aussi DRMG dans Chaudière-Appalaches. Grâce à son contrat avec le Ministère, le GMF Sainte-Croix/Saint-Patrice dispose de 70 heures de sciences infirmières par semaine pour ses deux points de services et de tous les autres avantages (budget d’administration, équipement informatique, etc.)liés à un GMF.

Restrictions importantes

Le contrat de ce GMF a été reconduit une première fois sans difficulté puisqu’au premier renouvellement, en 2006, le Ministère avait accepté que des GMF n’atteignent que 60 % de l’objectif de 15 000 patients, ce que le GMF Sainte-Croix/Saint-Patrice avait pu faire. Mais il n’a jamais atteint 100 % de sa cible.   

Le scénario a complètement changé en vue du renouvellement de 2009. Les médecins ne s’attendaient pas à la brique qui leur est tombée dessus quand le MSSS leur a fait savoir qu’ils étaient passibles de coupes financières parce que leur GMF n’avait pas atteint 15 000 inscriptions. Le budget de 120 000 $ qui leur a été consenti serait amputé de près de 70 000 $.

C’est plus de 50 % de l’octroi qui leur était accordé pour être GMF. Toutefois, le Ministère leur appliquait une pondération pour le nombre d’accouchements réalisés et de suivis à domicile.

Impacts

Selon le Dr Drolet, l’impact de ces coupes éventuelles se ferait sentir à la fois sur le plan moral et financier. Elles se traduiraient par une baisse de revenus nets pour chacun des médecins du GMF parce qu’une partie des dépenses ne serait plus remboursée. Ils devraient puiser dans leurs poches pour combler ce manque à gagner.

Si le GMF devait perdre son agrément, ses chances de recruter de nouveaux médecins s’en trouveraient donc diminuées. Il pourrait aussi inciter des membres actuels à réfléchir sur leur avenir.

« Dans mon cas à moi, qui ait 62 ans, dit le Dr Drolet, si on diminue ma paie de 15 %, ça pourrait me donner envie de faire autre chose que de la clinique, peut-être de la pratique administrative. »

À la mi-septembre, le Dr Drolet ne pouvait pas encore déterminer avec précision l’effet de ces coupes sur le nombre d’heures de soins infirmiers dont profite actuellement son GMF. Il ignore si les CSSS de Chaudière-Appalaches diminueront ce temps infirmier dans les groupes en difficulté.

Les GMF n’ont aucun contrôle sur cet aspect. Leur retirer des infirmières aggraverait encore plus la situation, croit le Dr Drolet.

« Nous disposons de trois infirmières extraordinaires. Nous ne pourrions pas nous priver de ces ressources. Ici, elles ont pris en charge l’anticoagulothérapie au complet. Nous avons 75 patients en suivi. Si nous diminuons leur temps, nous diminuons les services directs aux patients, c’est sûr. »

Des solutions ?

Le Dr Drolet a avancé ses propres solutions pour augmenter le nombre d’inscriptions pour les GMF qui n'atteignent pas la cible de 15 000 inscriptions : faire reconnaître que chaque patient vulnérable en vaut trois; les GMF qui font de l’enseignement aux résidents devraient avoir droit à une certaine reconnaissance; les patients en CHSLD devraient être pris en considération et les grossesses devraient représenter plus d’une inscription.

Le contrat du GMF Sainte-Croix/Saint-Patrice a expiré le 17 juillet dernier. Les termes de l’ancienne entente ont été maintenus jusqu’à ce qu’une décision soit prise par le Ministère à la suite des travaux du comité paritaire FMOQ-MSSS constitué pour régler cette question. Les budgets et les services ont donc été maintenus.

Le Dr Drolet dit avoir confiance dans le comité paritaire afin de trouver les meilleures solutions possible à la crise actuelle.

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