Nouvelles données dans le traitement de l’insomnie
20 octobre 2009 |
Par Georges Costan, Ph. D.
Chez les patients souffrant d’insomnie chronique, l’ajout d’un somnifère à la thérapie cognitive comportementale (TCC) entraîne des bénéfices (plutôt modestes) à court terme, mais à long terme, la TCC seule est plus efficace. Telle est la conclusion d’une étude prospective randomisée (Morin CM et coll. JAMA 2009; 301(19) : 2005-15) menée auprès de 160 personnes adultes (30 ans et plus) souffrant d’insomnie chronique.
Les patients ont été randomisés une première fois pour recevoir la TCC (n = 80) ou la TCC + 10 mg/jour de Zolpidem (n = 80) pour une durée de 6 semaines. Par la suite, les patients ont été randomisés à nouveau pour une seconde phase de traitement d’une durée de six mois et une phase de suivi de six autres mois. Les patients du premier groupe ont été répartis pour recevoir la TCC ou aucun traitement durant six mois. Les patients du second groupe ont été répartis pour recevoir la TCC seule ou la TCC plus le Zolpidem au besoin, durant six mois. Le critère principal d’évaluation portait sur différentes mesures liées au sommeil (p. ex., temps requis pour s’endormir, durée totale de sommeil, efficacité du sommeil). Les taux de réponse au traitement et les taux de rémission constituaient les critères secondaires.
Les résultats ont montré que la TCC seule ou combinée au Zolpidem améliorent significativement les différentes composantes du critère principal d’évaluation (p < 0,001 pour chacune). Une plus grande durée de sommeil a été obtenue avec l’approche combinée (p = 0,04). Les taux de réponse aux traitements ont été similaires (60 % pour la TCC contre 61 % pour la TCC+Zolpidem; p = 0,84), ainsi que les taux de rémission (39 % contre 44 % respectivement; p = 0,52) sur une période de 6 semaines. Toutefois, la thérapie combinée a produit un taux de rémission plus élevé, comparativement à la TCC seule, durant les 6 mois de traitement additionnel et la période de suivi subséquente de 6 autres mois (56 % contre 43 %; p = 0,05). Les meilleurs résultats à long terme ont été obtenus avec la thérapie combinée initialement, suivi de la TCC seule, alors que les taux de rémission au suivi de 6 mois ont été de 68 % contre 42 % avec le traitement combiné (p = 0,04).
Les auteurs soulignent que malgré ces résultats prometteurs, il n’existe pas actuellement de traitement qui soit efficace pour tous les patients souffrant d’insomnie. D’autres études sont nécessaires afin de mettre au point des algorithmes de traitement pour aider les praticiens dans la gestion clinique de l’insomnie. Rappelons en terminant que l’insomnie chronique est un problème majeur de santé publique puisqu’elle touche environ une personne sur dix. Elle se manifeste par la difficulté à s’endormir le soir, un réveil prématuré ou encore de courtes périodes de sommeil de mauvaise qualité. Les conséquences sur la qualité de vie des personnes sont nombreuses : fatigue, difficulté à compléter ses journées, absentéisme et, quand l’insomnie persiste sans traitement, le problème peut dégénérer vers l’hypertension et la dépression majeure.
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