Risque et rendement
13 août 2009 |
Par Jeanne Morazain
Nous avons tous perdu de l’argent depuis le sommet boursier de l’été 2008, alors que le TSX dépassait les 15 000 points. Ceux et celles qui avaient pris de gros risques en ont probablement perdu davantage. Les plus prudents ont sans doute encaissé moins de pertes. Cette grave crise boursière a permis aux investisseurs de tester leur niveau de tolérance au risque. En attendant une solide reprise, l’occasion est belle de réfléchir à la notion de risque et au rapport risque-rendement.
«Qui ne risque rien n’a rien», dit le proverbe. Pour tirer un meilleur rendement de ses placements, il faut prendre certains risques. La pyramide suivante classe les différents types de placements sur l’échelle du risque, les plus risqués occupant le sommet. Du même coup, elle indique le potentiel de rendement relatif de chaque catégorie qui va en augmentant plus on s’approche du sommet.
La volatilité est un bon indicateur du niveau de risque d’un titre. On appelle «volatilité» les fluctuations de prix des titres financiers. De constantes fluctuations signifient que le cours d’une action, par exemple, est sensible aux bonnes et aux mauvaises nouvelles concernant l’entreprise ou les marchés; de fortes fluctuations indiquent que le risque associé à sa valeur est important.
Le risque a bien d’autres visages. En voici quelques-uns :
l’inflation qui entraîne un effritement du pouvoir d’achat;
la fiscalité qui frappe plus lourdement lorsque les revenus augmentent, et change au gré des politiques;
les conditions du marché lorsque les placements arriveront à terme et qu’il faudra réinvestir;
les taux d’intérêt qui affectent la valeur marchande des obligations et de certaines actions (banques et services publics notamment).
les risques spécifiques à un secteur particulier de l’économie;
le marché ou le risque d’une chute généralisée des cours;
les devises ou l’impact des fluctuations du taux de change.
Le niveau de risque lié au marché boursier dépend aussi du type d’actions. On peut diviser les actions en sept catégories :
Actions à revenus qui procurent un bon dividende d’année en année, mais s’apprécient peu.
Actions de valeur émises par des entreprises réputées pour l’importance de leur chiffre d’affaires et la qualité de leur gestion. Elles procurent régulièrement de bons dividendes en plus de présenter un bon potentiel de gain en capital.
Actions défensives de secteurs qui se maintiennent (l’alimentation par exemple) même quand l’économie tourne au ralenti.
Actions de croissance offrant un fort potentiel de rendement à court terme et dont le cours est très volatil.
Actions cycliques dont le cours suit le cycle économique, la tendance étant à la baisse en période de ralentissement.
Actions spéculatives de compagnies n’ayant encore que peu ou pas de revenus, mais qui pourraient exploser si les produits ou les procédés qu’elles proposent s’imposent.
Actions cotées en cents, ou penny stocks, comme celles des petites compagnies minières. Le potentiel de croissance est très élevé, le risque aussi.
Le potentiel de rendement et le niveau de risque sont étroitement liés à la phase du cycle de vie d’une entreprise. Une entreprise en démarrage présente un fort potentiel de rendement, mais comme les chances de réaliser tout ce potentiel sont plutôt minces, le risque est aussi très élevé. Une entreprise en croissance offre des perspectives plus solides et le meilleur rapport risque-rendement est atteint lorsqu’elle est au sommet de sa croissance. Une entreprise à maturité peut encore connaître une progression intéressante si elle continue à étendre son marché et est portée par la vigueur de l’économie ou de son secteur d’activité. Toutefois, l’investisseur doit savoir éviter les entreprises qui, une fois à maturité, déclinent au lieu de se maintenir.
À court terme, les actions sont plus risquées que les obligations. À long terme, par contre, les actions ne sont pas plus risquées, tout en offrant un rendement nettement meilleur. Plusieurs études montrent que la probabilité de réaliser un gain s’accroît avec la durée du placement et que l’allongement de la durée du placement permet de réduire les risques de pertes. En somme, les bonnes et les mauvaises années se neutralisent. La stratégie du buy and hold, si chère à Warren Buffett, a encore toute sa pertinence.
Alors pourquoi détenir des obligations dans son portefeuille? D’une part, pour se protéger contre les mauvaises performances à court terme, ce qui est particulièrement important si l’investisseur s’approche de la retraite et prévoit des décaissements. D’autre part, parce que la diversification de portefeuilles diminue le risque et accroît le rendement. Harry Markowitch a reçu le Nobel en sciences économiques, en 1990, pour l’avoir démontré.
Une bonne diversification repose non seulement sur un nombre suffisant de titres, mais aussi sur le regroupement de plusieurs catégories d’actifs. En fait, la répartition de l’actif explique plus de 90 % de la performance à long terme d’un portefeuille. Avant de sélectionner des titres particuliers, il faut établir quelle proportion de titres générateurs de croissance à long terme et de titres générateurs de revenus composera le portefeuille. Il faut aussi décider dans quels marchés et dans quels secteurs l’argent sera investi. Reste enfin à revoir périodiquement cette répartition en fonction, d’une part, de l’évolution de l’économie mondiale et, d’autre part, de sa planification financière personnelle.
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