Le vin ne connaît pas la crise
12 mai 2009 |
Par Jean Aubry
Le vin est-il bon pour la santé ? Raisonnablement consommé, il ne ferait pas de mal à une mouche, même si on n’attire pas une mouche avec du vinaigre, auquel cas, ce n’est plus du vin, mais ça, vous le saviez déjà.
Le vin est bon pour l’homme en général. On pourrait même avancer qu’il l’humanise.
Hélas, même en regardant les chiffres d’une progression mondiale de consommation à la hausse (+ 6 % à l’horizon de 2012), l’homme est toujours aussi belligérant, que ce soit en Irak, en Palestine, au Soudan, en Afghanistan comme dans la ruelle derrière chez vous. Il y a des gens qui auraient intérêt à boire du vin. Ne serait-ce que pour faire exploser le chiffre faramineux de 31 milliards de bouteilles de vins consommées à l’aube du millésime 2008.
825 piscines olympiques, etc.
Imaginez seulement le contenu de 825 piscines olympiques, 324 piscines municipales, 167 piscines privées de banlieue, sans oublier 87 barboteuses et autant de pataugeuses bues et, surtout, pissées ! Beaucoup de liquide.
Comment en suis-je arrivé à prendre connaissance de ces
chiffres ? Simplement par la publication de l’étude réalisée par le cabinet britannique IWSR (International Wine & Spirit Record) pour le compte de Vinexpo (LE salon international du vin). Alors, des chiffres, en voulez-vous ? En voilà !
D’abord, crise ou pas, la récession ne semble nullement affecter l’offre encore supérieure à la demande avec, côté production, la France, l’Italie et l’Espagne qui, dans l’ordre, cumulent plus de 50 % de la production totale. À noter l’apparition récente de la Chine en dixième position dans ce Top 10.
Le Canada en 18e place
Au chapitre de la consommation, vous serez surpris d’apprendre que la France cède sa place à l’Italie, mais que nos voisins états-uniens arrivent en troisième place, eux qui, avant l’apparition des Gallo, Sebastiani et autres Mondavi, buvaient plus de coca-cola qu’autre chose. Les mœurs changent.
Côté canadien, nous serions dix-huitièmes au classement mondial avec, à l’horizon de 2012, une consommation d’environ 17 litres par habitant
(13 litres au Québec actuellement).
Demeurons au Canada où, toujours selon l’étude de l’IWSR, nous serions en voie, tenez-vous bien après votre tire-bouchon, nous serions en voie, dis-je, pour la période 2008-2012 qui s’annonce, d’assurer une croissance des ventes de vins tranquilles
(+ 26,05 %) qui représentera presque le triple de celle prévue
à l’échelle mondiale qui est, elle, de + 9,65 %. Au total : près de
37 millions de caisses de 9 litres à l’horizon de 2012 ! Je ne vous compte pas l’équivalent en format piscines. Mais ce n’est pas tout.
Toujours à l’horizon de 2012, la progression en « valeur » sera de + 74 % pour une sélection qui passera la barre des 10 %, dans une proportion de 70 %. Un marché qualitatif qui fait actuellement saliver l’industrie mondiale, qui voit le Canada comme le nouvel eldorado.
Autre statistique intéressante, la consommation de vins domestiques a atteint, en 2007, le chiffre record de 10,3 millions de caisses, soit 124 millions de bouteilles, une hausse de plus de 16 % par rapport à 2003. L’industrie canadienne du vin se porte bien et le consommateur semble avoir plus confiance dans sa production vinicole, qui gagne non seulement en maturité, mais aussi en qualité.
Autres tendances mondiales
Les effervescents progresseraient plus rapidement que les vins tranquilles, avec l’Allemagne et la France en tête, rapidement rejointes par la Fédération russe dont le rythme de consommation est de l’ordre de + 35 %. Deux doigts de champagne pour un doigt de vodka ?
À propos de vodka, la célèbre eau-de-vie arrive en tête des spiritueux consommés, alors que le gin, lui, est en perte de vitesse.
Autre tendance, la vente croissante du vin en hypermarché s’accentue partout, à l’exception des pays où il existe des monopoles, alors que se multiplient les bars à vin, comme à Séoul où ils deviennent, tour à tour, lieux de rencontre, de conférences, de cours, de centrales d’achats et... d’agences de rencontres, ces fameux Wine Dating. La crise ? Connais pas !
|