Échanger sa maison en voyage
13 mars 2009 |
Par Anne Marie Parent
La formule de vacances consistant à échanger son domicile contre celui d’inconnus ailleurs dans le monde est de plus en plus populaire depuis la sortie du film The Holiday (Les vacances), de Nancy Meyers, en 2006. Comment s’y prendre pour bien réussir ce « troc » inusité ?

La Dre Johanne Tremblay
photographiée par son conjoint,
Claude Tessier, avec leurs trois enfants, Véronique, Aurélie et Laurent,
en pique-nique en France,
à l’été 2008.
Des amis m’avaient bien fait rire quand ils m’avaient lancé, d’un air coquin, qu’ils étaient échangistes... puisqu’ils faisaient des échanges de maisons ! En fait, le terme est très utilisé dans le jargon de cette formule de vacances. On retrouve aussi le joli néologisme vacangistes dans le site Web québécois www.echangevacances.com.
Le coût de la vie étant de plus en plus élevé, les voyageurs se tournent vers des options plus économiques. On épargne des centaines de dollars par semaine sur l’hébergement et le transport si on troque aussi les véhicules !

La Dre Johanne Tremblay et ses enfants à la dune du Pilat, près de Bordeaux,
en France, en 2008.
De plus, cuisiner à la maison au lieu de manger au restaurant réduit grandement les dépenses. Une économie de 50 % à 70 % si l’on compare avec les frais de vacances habituels, selon une estimation du site Trocmaison.com. Mais outre le fait d’économiser, le troc permet surtout de vivre le quotidien comme des « gens du coin », tout en sécurisant son propre domicile habité par des « échangistes ».
Quelques témoignages
« Faire un échange de maisons et de voitures est plus économique que de loger à l’hôtel et de louer une auto. On paie les billets d’avion... et c’est tout ! » affirme la Dre Johanne Tremblay, médecin à la Commission de la santé et de la sécurité du travail à Saint-Romuald, qui a trois enfants, âgés de 12, 13 et 14 ans. « Nous avons fait deux échanges de maisons en France, en 2005 sur la Côte d’Azur et en 2008 en Aquitaine tout près de Bordeaux. Choisir cette formule de vacances suppose, comme prémisse de base, qu’on accepte que des inconnus viennent vivre chez soi et vice-versa. Quand on est à l’aise avec ça, on n’hésite pas. Sinon, on choisit une autre façon de voyager ! L’échange permet aussi de s’imprégner du rythme local. Nous n’aurions pas fait certaines choses, comme assister à des médiévales locales ou participer à une fête de quartier. »

Cet été, la famille Tremblay-Tessier fera un échange aux États-Unis. Un conseil très pratique : « Nous avons rédigé un mode d’emploi de notre maison qui explique comment fonctionnent les électroménagers, la télévision, la piscine, etc., à l’intention des gens qui viennent vivre chez nous », raconte la Dre Tremblay. C’est long à écrire, mais c’est tellement utile !
Inscrits tout comme la famille Tremblay-Tessier aux deux sites d’échange www.echangedemaison.com et www.intervac.com, le couple de médecins généralistes Dennis Malcolm et Christine Hardy, de Laval, et leurs enfants de 12 et 15 ans, ont fait un premier échange en 2005 en France. « Nous avons échangé notre résidence principale de Laval et notre chalet dans les Laurentides contre des maisons à Paris et dans le Périgord », raconte le Dr Malcolm. Un véritable coup double, grâce à leurs deux propriétés !
Puis, ils ont fait un troc à Édimbourg en Écosse, en 2007. D’après le médecin, ce n’est pas toujours évident de trouver des « échangistes » européens, car ils ont généralement plus de semaines de vacances que les Québécois. « C’est plus facile de chercher ce que l’on veut en regardant les fiches dans les sites Web que d’attendre que des gens nous choisissent et nous contactent », ajoute-t-il. Donc, il faut faire les premiers pas et envoyer plusieurs messages à des candidats dont les maisons et les intérêts (y compris le nombre de semaines de congé) nous conviennent.
Avantages des vacances échange
- Économie : pas d’hôtel à payer ni de maison à louer. Il ne vous en coûte que le prix de l’adhésion au réseau de votre choix (de 60 $ à 150 $ par année environ et même gratuit dans certains cas) et votre billet d’avion !
- Voiture : selon l’entente avec vos partenaires d’échange, vous pouvez utiliser leur auto. Discutez-en avec votre assureur.
- Culture : vous vous intégrez davantage au pays en y vivant comme les « gens de la place ». Mode de vie, spécialités culinaires locales, langue étrangère, etc.
- Sécurité : votre maison est occupée pendant votre absence. Dommage pour les cambrioleurs ! De plus, vos invités prennent soin de vos animaux et de vos plantes. Faites participer des amis ou voisins en leur demandant d’accueillir vos invités tout en jetant un œil sur la maison.
- Hospitalité : au lieu d’un échange simultané, vous pouvez choisir d’être présent quand vos hôtes seront chez vous et vice-versa. Ou encore faites chevaucher quelques jours, histoire de vous rencontrer en personne et d’échanger les clés et quelques conseils – ou laissez un « mode d’emploi » : comment fonctionnent le lecteur DVD, l’ordinateur, la machine à laver; où trouver le tire-bouchon (essentiel !); quand sortir les vidanges, etc. Et quelques notions du code de la route si vous prêtez votre voiture !
- Accueil chaleureux : il est de mise de laisser de la documentation touristique, quelques provisions et un petit mot pour accueillir les échangistes.
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