Votre opinion.
 


Nouvelle-Écosse : Retour au Cap-Breton
17 juillet 2009 | Par Jacques Coulon

À l’entrée de la route 19, qui longe la côte ouest ­– The Sunset Coast –, on traverse le village de Port Hastings, où la Corporation de développement du Cap-Breton a placé une affiche racoleuse: des 10 îles les plus fameuses du monde – on ne précise pas lesquelles – l’île du Cap-Breton occupe la quatrième place. Bien sûr, on ne nous explique pas non plus comment on en est venu à cette classification sans doute inventée pour flatter l’orgueil des insulaires! Passons.

Dans le petit musée de Port Hastings, des coupures de journaux et des photos d’époque rappellent au visiteur que l’inauguration de la Chaussée de Canso – Canso Causeway –, le 13 août 1955, ne fit pas l’unanimité dans la popula­tion. Des joueurs de cornemuse, conduits par «Big Roderick the Piper» refusèrent de jouer à cette occasion, prétextant qu’avec une route permanente la reliant «au continent», l’île ne serait plus une île... Il faut croire que tous les îliens ont les mêmes réactions, car les protestations furent nombreuses à l’Île-du-Prince-Édouard quand fut entreprise la construction du pont de la Confédération. Même chose aux Îles-de-la-Madeleine il y a des années, alors qu’une bonne partie de la population voyait mal l’arrivée de touristes qui allaient troubler leur tranquillité!


Cabot Trail est la route qui fait le tour du parc des Hautes-Terres.

La côte ouest n’est pas la plus spectaculaire, mais les gens qui y vivent vous diront que c’est là qu’on profite des plus beaux couchers de soleil sur le golfe du Saint-Laurent. C’est à l’est que se trouvent les falaises rougeâtres, les caps rocheux, les à-pics vertigineux. Le versant ouest de l’île, lui, est nettement plus bas, presque au niveau de la mer par endroits, protégé des tempêtes et plus accessible aux pêcheurs. C’est pour ces raisons que les colons venus d’Écosse dès le début du XIXe siècle s’installèrent à l’ouest, mais aussi au centre de l’île, sur le pourtour des lacs Bras d’Or.


 
Lieu historique national de la forteresse de Louisbourg.

De Port Hastings à Chéticamp, foyer principal de la culture acadienne et point d’entrée du parc national des Hautes-Terres, il y a 134 kilo­mètres. Les Acadiens y arrivèrent quelques années après la déportation, séduits par le fait que l’accès à la mer est facile et que le site est bien abrité. Il y a deux ou trois motels confortables et un bon restaurant de poissons et fruits de mer, Le Gabriel. Dans la rue principale, qui est aussi la route 19, un resto-bar propose des cocktails qui évoquent le passé tragique des Acadiens: Acadian Expulsion, British Bomb, Acadian Tragedy, etc. Sur le menu, on peut lire qu’on y sert «la meilleure soupe à l’oignon depuis la Révolution française»! Personne ne pourrait les contredire.


Au Red Shoe, on vous renseignera sur les artistes qui se produisent régulièrement au pub et dans la région.

De courtes sorties en mer sont proposées aux amateurs d’observation des baleines jusqu’au mois d’octobre. On nous a dit que les parages du Cap-Breton et ceux de Terre-Neuve étaient les meilleurs endroits pour ce genre d’activité. Chaque semaine, il y a des soirées de musique folklorique dans deux restos de Chéticamp, et le poste de radio locale CKJM 106.1 diffuse largement les œuvres de musiciens locaux. Plus au sud, avant Chéticamp, sur cette route 19 qui longe constamment la mer, il y a quelques localités qui méritent bien qu’on s’y arrête: Judique, Port Hood, Mabou et Inverness. Pendant longtemps, Judique, où les premiers immigrants écossais arrivèrent à partir de 1775-1790, souffrit de sa mauvaise réputation. Les samedis soirs, des groupes de danseurs musclés semaient le désordre dans les salles de danse de la région... C’était il y a longtemps, nous ont dit deux dames nées à Judique, rencontrées au Celtic Music Centre, où violonistes et guitaristes se produisent durant les mois de juillet et d’août. «C’était fou comme ça dans le temps, fallait montrer sa virilité! Au­jour­d’hui, c’est plutôt tranquille, Judique.» Au centre, plusieurs musiciens bien connus localement donnent des cours de violon, style Cap-Breton bien sûr, sous la di­rection du grand maître Buddy MacMaster. Mais il y a aussi les autres qui enseignent et donnent des concerts dans les Maritimes et dans l’ouest du Canada: Andrea Beaton, Natalie MacMaster, Rita MacNeil, les Barra MacNeils, etc.


Forteresse de Louisbourg, site historique partiellement reconstruit au 20e siècle.

À quelques kilomètres de là se trouvent Port Hood et Mabou, deux villages dont les premiers habitants, Écossais, Irlandais, Loyalistes, arrivèrent dès 1780-1810. On arrête à Port Hood pour la belle plage de sable et les aires de pique-nique en bordure de mer. Des panneaux explicatifs racontent l’évolution du village.

Mabou, c’est tout autre chose. C’est, avec Inverness, Iona et Baddeck au bord des lacs Bras d’Or, l’un des centres les plus vivants de la musique celtique et du folklore du Cap-Breton. Arrêtez-vous au Red Shoe Pub & Grill, tenu par Heather, la plus célèbre des quatre sœurs Rankin qui, toutes, sont des musiciennes adulées. Les trois autres ont des prénoms d’opérette: Cookie, Mairi et Raylene. Ici, tout le monde vient aux nouvelles, jeunes et vieux, en plus de boire un verre ou de commander un sandwich. Aux murs, des photos racontent la saga des Rankin – ils sont nombreux partout au Cap-Breton, sauf dans les patelins acadiens –, dont celles du premier couple, Johnny et Margaret Rankin, mariés en 1931. Au Red Shoe, on vous renseignera sur les artistes qui se produisent régulièrement au pub et dans la région, sur les concerts et les soirées de danses carrées «pour toute la famille»... En fait, c’est à se demander si les gens de Mabou et des alentours ont d’autres activités que de faire de la musique!

Sur le chemin de Louisbourg, les vrais amateurs de golf préféreront peut-être s’arrêter au Keltic Lodge Resort, à Ingonish Beach, un chic hôtel de villégiature dont le terrain en bordure de mer figure, paraît-il, «parmi les 100 meilleurs parcours de golf au monde». Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la publicité de l’hôtel...

Louisbourg

Il n’y a pas que la «côte du soleil couchant» au Cap-Breton. Alors, si l’on dispose d’une journée ou deux de plus, il faut au moins traverser le parc national des Hautes-Terres – 950 km2 – pour ses superbes panoramas, ou bien visiter la forteresse de Louisbourg, partiellement reconstruite dans les années 1960-1970. Ce lieu historique, animé par du personnel en costumes d’époque, se trouve à 120 kilomètres de Baddeck et reste ouvert jusqu’au 31 octobre.

Keltic Lodge Resort
Ingonish Beach
Tél.: 902 285-2600
Ouvert jusqu’au 31 octobre

Parc national des Hautes-Terres du Cap-Breton
Tél.: 902 224-2306
Ouvert toute l’année

Lieu historique national de la forteresse de Louisbourg
Tél.: 902 733-2280
Ouvert jusqu’au 31 octobre

Perspectives d'expansion

Zona

Avenir Carrières - Médecins

 

  

 

   
     
Accueil | Politique de confidentialité | Communiquez avec nous
© L'actualité médicale (Les Editions Rogers). Tous droits réservés.