Actualités Cliniques — Isentress : Efficace et bien toléré dans le traitement du VIH
15 décembre 2008 |
Par Georges Costan, Ph. D.
Chez les patients atteints du VIH-1 et n’ayant jamais été traités, le traitement par le raltégravir (Isentress), en association avec le ténofovir/emtricitabine pendant 48 semaines, s’est révélé tout aussi efficace que l’association éfavirenz/ténofovir/emtricitabine en termes d’activité antirétrovirale, tout en marquant une hausse plus importante du nombre de cellules CD4 et en présentant moins d’effets sur le système nerveux central. Telle est la conclusion de l’étude STARTMRK dont les résultats ont été présentés (Lennox J et coll.) à la 48e rencontre annuelle de l’Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy (ICAAC, 25-28 octobre 2008, Washington, D.C.).
L’étude est un essai clinique de phase III, multicentrique, randomisé et à double insu, avec comparateur actif, mené auprès de 563 patients infectés par le VIH-1 et n’ayant pas été traités antérieurement. Les patients ont reçu soit 400 mg de raltégravir par voie orale deux fois par jour en association avec le ténofovir/emtricitabine, soit 600 mg d’éfavirenz par voie orale une fois par jour en association avec les deux mêmes substances. Les paramètres de mesure principaux étaient les réductions du taux d’ARN viral à moins de 50 copies/mL et une évaluation de l’innocuité et de la tolérance à la semaine 48.
Au terme des 48 semaines de traitement, 86 % des patients du groupe raltégravir/ténofovir/emtricitabine et 82 % des patients du groupe éfavirenz/ténofovir/emtricitabine ont présenté un taux d’ARN du VIH inférieur à 50 copies/mL. Le délai de réponse virologique a été significativement plus court chez les patients ayant reçu le raltégravir que chez ceux qui avaient reçu l’éfavirenz (p < 0,001). Ainsi, à la semaine 8, 74 % des patients ayant reçu le raltégravir avaient atteint un taux d’ARN du VIH inférieur à 50 copies/mL par rapport à 38 % des patients qui avaient reçu l’éfavirenz. Par ailleurs, à la semaine 48, la hausse moyenne du nombre de cellules CD4 par rapport aux valeurs initiales était de 189 cellules/mm3 chez les patients du groupe raltégravir et de 163 cellules/mm3 chez ceux du groupe éfavirenz. Ultimement, les effets indésirables de toute intensité se sont manifestés chez un nombre inférieur de patients traités par le raltégravir (44 % versus 77 %; p < 0,001).
Rappelons ici que le raltégravir est le premier inhibiteur de l’intégrase, une nouvelle classe d’agents antirétroviraux qui inhibent l’insertion de l’ADN viral du VIH dans l’ADN humain, bloquant ainsi la capacité du virus à se répliquer et à infecter de nouvelles cellules. Santé Canada a octroyé un Avis de conformité avec conditions (AC-C) pour le raltégravir utilisé en association avec d’autres agents antirétroviraux dans le traitement de l’infection au VIH-1 chez les patients adultes ayant déjà reçu un traitement et qui montraient une réplication virale et une résistance à de multiples agents antirétroviraux.
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