THE LANCET — L’IMC peut prédire la mortalité
04 mai 2009 |
Par Georges Costan, Ph. D.
Tel est le message-clé issu d’analyses collaboratives menées sur les possibles relations causales entre l’indice de masse corporelle (IMC) et la mortalité (Prospective Studies Collaboration. The Lancet 2009; 373(9669) : 1083-96). À partir de données individuelles provenant de 57 études prospectives qui impliquaient le suivi à long terme de près de 900 000 participants, pour la plupart d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord (61 % d’hommes; âge moyen au moment du recrutement : 46 ans; IMC moyen : 25 ± 4 (écart-type) kg/m2), les chercheurs ont évalué les principales relations entre l’IMC et les causes spécifiques de mortalité.
Tant chez les hommes que chez les femmes, la mortalité était plus faible avec un IMC autour de 22,5 à 25 kg/m2. Au-delà de cette fourchette, des relations positives ont été obtenues pour plusieurs causes spécifiques, alors qu’aucune relation de type inverse n’a été observée. En moyenne, chaque tranche d’IMC de 5 kg/m2 en plus se traduisait, entre autres, par une augmentation de 30 % du risque de mortalité globale (HR : 1,29; IC 95 % : 1,27-1,32), de 40 % pour la mortalité vasculaire (HR : 1,41; [1,37-1,45]) et de 60 % à 120 % pour la mortalité associée au diabète, à la fonction rénale ou hépatique. En deçà de cette même fourchette (22,5 à 25 kg/m2), l’IMC était inversement relié à la mortalité globale, principalement en raison des fortes relations inverses avec la maladie respiratoire et le cancer du poumon. Ces relations inverses étaient plus fortes chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.
Selon les auteurs, bien que d’autres mesures anthropométriques, telles que le tour de taille ou le rapport taille/hanche), pourraient ajouter de l’information à celle de l’IMC, et vice-versa, l’IMC en soi est une excellente mesure prédictive de la mortalité globale, tant au-dessus qu’en dessous de l’optimum apparent de 22,5 à 25 kg/m2. Le surplus progressif de mortalité au-dessus de cette fourchette est dû principalement à la maladie vasculaire et, fort vraisemblablement, est de nature causale. À 30-35 kg/m2, la survie médiane est réduite de 2 à 4 ans et à 40-45 kg/m2, elle est réduite de 8 à 10 ans (ce qui est comparable aux effets du tabagisme).
|