D’autres preuves pour le régime méditerranéen
14 mai 2009 |
Par Amber Lepage-Monette
Une vaste méta-analyse canadienne a confirmé quels sont les aliments qui peuvent contribuer à réduire le risque de coronaropathie.
Sans surprise, le régime méditerranéen (incluant les noix, les légumes, les grains entiers, le poisson et les gras monoinsaturés) est arrivé en tête des meilleurs moyens de réduire le risque de coronaropathie, tandis que le régime occidental traditionnel (viandes rouge et transformée, gras saturés et grains raffinés) accroît le risque.
Une découverte a toutefois surpris la principale chercheuse de l’étude, la Dre Sonia Anand, professeure agrégée au département de médecine de l’Université McMaster. Les aliments à haut indice glycémique étaient associés à un risque augmenté de coronaropathie.
«Ces 10 dernières années, on a seulement effleuré l’idée de l’importance de l’indice glycémique et je ne m’attendais pas à ce que le niveau de preuve soit aussi important pour ce facteur alimentaire», dit-elle.
Bien que des études précédentes aient lié le régime méditerranéen à des bienfaits sur la santé, la Dre Anand dit que cette étude est la première à quantifier la force de la preuve qui soutient les avantages de ce régime sur la santé.
«Nous avons fait une synthèse des études afin de clarifier le niveau de preuve entre différents facteurs et modèles diététiques et la maladie cardiaque», explique-t-elle.
La méta-analyse a revu plus de 100 études de cohorte prospectives et plus de 40 études randomisées contrôlées sur le régime alimentaire et la maladie cardiaque. La majorité des études ont été menées aux États-Unis et en Europe, et un petit nombre en Asie. Une moyenne de 29 209 patients ont été étudiés pendant une période médiane de 11 ans pour chaque facteur alimentaire. Près de 90 % de ces études ont évalué le régime en utilisant des questionnaires de fréquence alimentaire.
Pour sa recherche, la Dre Anand et ses collègues ont utilisé quatre catégories (force de l’association, régularité, temporalité et relation dose-effet) des lignes directrices de Bradford-Hill pour l’évaluation de la preuve de la causalité comme un moyen de classer les preuves à partir des études comme faibles ou fortes. Une preuve qui répondait aux quatre critères était considérée comme forte, tandis qu’une preuve qui ne répondait qu’à deux critères ou moins était faible.
Parmi les études de cohorte, les aliments qui montraient la plus forte preuve appuyant leur association avec un risque réduit de coronaropathie étaient:
• le régime méditerranéen (réduit le risque de 37 %)
• un régime de grande qualité (de 37 %)
• les légumes (de 33 %)
• les noix (de 30 %) et
• les gras monoinsaturés (20 %).
Les aliments ayant une forte preuve soutenant un risque accru de coronaropathie étaient:
• les acides gras-trans (accroît le risque de 32 %)
• les aliments ayant un haut indice glycémique (de 32 %) et
• un régime occidental (de 33 %).
De plus, les découvertes découlant des études randomisées contrôlées seulement ont également soutenu le régime méditerranéen. Les preuves de causalité de ces études ont établi une réduction du risque de coronaropathie de 68 %.
La Dre Anand dit espérer que sa recherche contribuera à simplifier ce que les médecins et les diététistes doivent dire à leurs patients.
«Les professionnels de la santé ont peut-être davantage mis l’accent sur les nutriments et sur les aliments individuels plutôt que sur un régime complet. Le message n’a peut-être pas passé non plus parce que les conseils que nous donnons sont relativement compliqués, dit-elle. C’est une façon pour les médecins de filtrer la tonne d’informations que l’on trouve dans Internet, les journaux et à la télévision sur le régime alimentaire et la maladie cardiaque et de se dire: voilà ce que je vais pouvoir dire à mes patients.»
L’étude a été publiée dans l’édition du 13 avril de la revue Archives of Internal Medicine.
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