Du nouveau dans le traitement de la bronchiolite chez les bébés
01 juin 2009 |
Par Georges Costan, Ph. D.
Un traitement combiné d’épinéphrine et de déxaméthasone peut réduire significativement les taux d’hospitalisation chez les bébés atteints de bronchiolite. Telle est la conclusion d’une étude canadienne (Plint AC et coll. New Engl. J. Med. 2009; 360 : 2079-89), multicentrique, randomisée, à double insu et contrôlée par placebo, menée auprès de 800 enfants (âgés de 6 semaines à
12 mois) souffrant de bronchiolite.
Rappelons que la bronchiolite, une inflammation des petites voies respiratoires, affecte généralement les enfants de moins de deux ans, surtout ceux de trois à six mois. Habituellement causée par une infection virale, la bronchiolite cause la toux, la respiration sifflante et la difficulté à respirer chez les bébés.
Au Canada, on estime que 35 bébés sur 1000 sont hospitalisés pour ce problème chaque année et que le taux d’hospitalisations a presque doublé au cours des 10 à
15 dernières années.
Les nourrissons diagnostiqués avec une bronchiolite à l’urgence pédiatrique ont été répartis aléatoirement dans l’un ou l’autre des quatre bras de l’étude : épinéphrine + déxaméthasone (deux traitements d’épinéphrine nébulisée et six doses orales de déxaméthasone), épinéphrine + placebo (nébulisée et oral), déxaméthasone+placebo (orale et nébulisé), double placebo (nébulisé et oral).
Le critère principal d’évaluation était l’hospitalisation dans les sept jours suivant la visite initiale à l’urgence (jour de l’enrôlement dans l’étude).
Une différence significative
Au septième jour après le début de l’étude, 34 enfants (17,1 %) dans le groupe épinéphrine + déxaméthasone, 47 (23,7 %) dans le groupe épinéphrine, 51 (25,6 %) dans le groupe déxaméthasone et 53 (26,4 %) dans le groupe placebo ont été hospitalisés.
L’analyse (non ajustée) a révélé une différence significative entre le groupe recevant le traitement combiné et le groupe placebo (RR : 0,65; IC 95 % : 0,45-0,95; p = 0,02). Toutefois, après ajustement pour les comparaisons multiples, la différence n’était plus significative (p = 0,07). Aucun événement indésirable grave n’a été noté au cours de l’étude.
Les auteurs soulignent que, jusqu’à présent, il n’y avait pas d’autre option claire de traitement que l’administration d’oxygène si le niveau de celui-ci était bas, et de prise de liquides si les enfants ne s’alimentaient pas.
Par ailleurs, le traitement combiné a permis de soigner beaucoup plus d’enfants chez eux, et non à l’hôpital, ce qui représente un avantage indéniable.
Cette étude pourrait avoir des implications dans le traitement pédiatrique non seulement de la bronchiolite, mais aussi des épisodes multiples de respiration sifflante, un enfant sur trois ayant au moins un épisode de respiration sifflante avant son premier anniversaire de naissance.
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