Colloque : Gestion des maladies chroniques
01 avril 2009 |
Par Frédérique David
La prévention est une nécessité
Le deuxième colloque sur la gestion des maladies chroniques se tenait les 19 et 20 mars derniers à Montréal. Trois thèmes étaient abordés : la gestion, la prévention et l'autogestion. L’événement se terminait par la tenue d’une table ronde au cours de laquelle les participants ont tour à tour déclaré qu’il est nécessaire, et urgent, d’agir sur la prévention des maladies chroniques.
La charge des maladies chroniques ira de pair avec le vieillissement de la population. Face à cette réalité, le virage de la gestion des maladies chroniques est incontournable. En contexte de pénurie de personnel dans le milieu de la santé, ce virage ne doit toutefois pas négliger la prévention de ces maladies, sans quoi les problèmes d’accès aux soins se multiplieront. « Il faut accentuer la détection précoce des personnes à risque ou atteintes de maladies chroniques, déclarait le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, de passage au colloque. À cet égard, nous préconisons l’intégration de pratiques cliniques préventives au travail des intervenants de première ligne. Nous aurions ainsi un puissant levier pour intervenir à temps et pour orienter les personnes vers des services préventifs adéquats et vers des ressources communautaires appropriées. Actuellement, la détection des maladies chroniques se fait souvent par le personnel des services d’urgence lorsque survient un problème de santé aigu. »
Serge Langlois
Impliquer les chefs d’entreprises
Selon de nombreux acteurs du milieu de la santé, la prévention doit passer par les entreprises. « Le système de santé a été bâti sur du curatif et non sur du préventif, mentionne Serge Langlois, président-directeur général de Diabète Québec. Pour faire du préventif, il faut passer par les entreprises. C’est d’ailleurs une avenue payante pour elles puisque moins elles ont de réclamations à l’assurance emploi, plus elles réduisent leur coût en assurances collectives. »
Selon de nombreux acteurs du milieu de la santé, la prévention doit passer par les entreprises. « Le système de santé a été bâti sur du curatif et non sur du préventif, mentionne Serge Langlois, président-directeur général de Diabète Québec. Pour faire du préventif, il faut passer par les entreprises. C’est d’ailleurs une avenue payante pour elles puisque moins elles ont de réclamations à l’assurance emploi, plus elles réduisent leur coût en assurances collectives. »
Réal Cassista
La Fédération des caisses Desjardins du Québec fait figure de pionnière en matière de prévention des maladies chroniques en milieu de travail. « Nous finançons le dépistage sur les lieux de travail, l’accompagnement et la prévention, explique Réal Cassista, chargé d’équipe en gestion globale de la santé à Desjardins. Nous avons même mis en place une politique de remboursement des frais reliés au mieux-être, à raison de 250 $ par an pour chaque employé. »
Louis Roy
Selon Louis Roy, vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), les entreprises continuent de gérer les maladies chroniques en fonction de l’absentéisme. « Il faut faire davantage de prévention, de formation, mais aussi de soutien, dit-il. On observe des lacunes du côté des organisations qui représentent les employés. Si l’on n’intervient pas dans les milieux de travail, la gestion des maladies chroniques deviendra de plus en plus complexe. Il faut impliquer les patrons et les syndicats. »
Mieux connaître les services en place
La gestion des maladies chroniques exige également un suivi et un accompagnement afin que les patients soient fidèles aux traitements. « La fidélité au traitement est un problème récurrent et demande une prise en charge des patients souffrant de maladies chroniques, soutient Serge Langlois. Nous ne devons pas les laisser libres et seuls. Il faut mettre les professionnels de la santé davantage en contact avec des groupes de patients. En Finlande et en Belgique, cette façon de faire est devenue obligatoire, car on s’est aperçu que cela donne des résultats bénéfiques. Les diabétiques, par exemple, ont besoin de rencontrer d’autres diabétiques. »
De nombreux services sont offerts au Québec pour venir en aide aux personnes souffrant de maladies chroniques. Des initiatives sont prises, des projets sont mis en place par des organismes comme Diabète Québec, permettant aux patients de trouver de l’information et du soutien. Ces services diffèrent cependant d’une région à l’autre et le personnel du milieu de la santé n’est pas toujours au courant de ce qui existe.
Serge Dulude
« On veut qu’il y ait plus de services, mais ce qui est disponible n’est pas assez connu », déplore Serge Dulude, directeur de la planification et régionalisation à la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).
Faire connaître les services offerts dans le réseau et impliquer les entreprises seraient donc les premiers pas à franchir pour aller « de la prévention au suivi », comme le veut le thème de ce deuxième colloque sur la gestion des maladies chroniques et comme semblent le souhaiter les différents intervenants.
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