|
|
Actualités cliniques — La réaction au stress diffère selon le sexe
10 septembre 2008 |
par Georges Costan, Ph. D.
Une équipe de chercheurs sous la direction du Dr Ron Sullivan, professeur au département de psychiatrie de l’Université de Montréal et chercheur associé au Centre de recherche Fernand-Seguin, tente d’expliquer les différences de réaction au stress des rongeurs mâles et femelles. Il semble que ces différences entre les sexes pourraient être attribuables à la manière dont les cerveaux gauche et droit réagissent en situation de stress.

La preuve des asymétries fonc-tionnelles chez les rats est assez récente. Grâce à des clichés de cerveaux obtenus par les techniques d’imagerie cérébrale, il est maintenant possible de démontrer que certaines régions du cerveau (cortex préfrontal et amygdales basolatérales) qui sont fortement associées au stress ne sont pas sollicitées dans le même hémisphère chez les rates et chez les rats. Pour démontrer que le cerveau des animaux de sexe opposé gère le stress de manière distincte, les chercheurs ont soumis deux groupes de rongeurs à un anxiogène, soit l’odeur d’un renard dans leur habitat. Les résultats ont montré que le cortex préfrontal et l’amygdale basolatérale étaient principalement sollicités dans l’hémisphère gauche chez le groupe femelle, alors que chez les mâles, ces mêmes régions l’étaient, mais du côté droit.
Cette différence dans les fonctions cérébrales pourrait expliquer pourquoi les femmes sont plus susceptibles que les hommes de souffrir de troubles dus au stress (on sait que les femmes sont deux fois plus susceptibles d’être atteintes d’une dépression). Plusieurs études chez l’humain tendent à démontrer qu’une activation accrue de l’hémisphère gauche est liée à la présence de symptômes dépressifs. Le Dr Sullivan souligne cependant qu’aucun des deux sexes n’emploie exclusivement un hémisphère ou l’autre dans une situation stressante. Reste que l’hémisphère dominant semble être différent selon le sexe, ce qui permet de croire que les hommes et les femmes présentent une réactivité différente au stress et que celle-ci pourrait être reliée à la plus grande vulnérabilité observée chez les femmes.
|