Actualités cliniques — Les effets de la tempête de verglas sur le développement cognitif des enfants
17 septembre 2008 |
par Georges Costan, Ph. D.
Une équipe de chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas a réalisé la toute première étude évaluant les effets à long terme du stress maternel vécu lors de cataclysmes sur le développement cognitif des enfants.

Les résultats de leurs travaux (Laplante DP et coll. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry 2008; 10.1097/CHI.0b013e 31817eec80), à paraître dans l’édition de septembre du Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, montrent que les épreuves vécues par les femmes enceintes durant la tempête de verglas de 1998 au Québec ont eu des répercussions sur le développement à long terme de leurs enfants à naître. Le projet Ice Storm est une étude prospective conçue pour déterminer jusqu’à quel point le degré d’exposition au stress dû à un désastre naturel de femmes enceintes peut expliquer la variance de performance intellectuelle et linguistique de leurs enfants cinq ans et demi plus tard. Les auteurs rappellent que la crise du verglas au Québec en 1998 a privé d’électricité quelque trois millions de personnes pour des périodes aussi longues que 40 jours.
Les chercheurs ont recueilli de l’information auprès de 178 femmes enceintes durant la crise du verglas. Une première évaluation a été menée auprès des enfants à l’âge de deux ans. Du nombre total, 89 ont par la suite été évalués à l’âge de cinq ans et demi. Les enfants ont participé à des évaluations très détaillées de leur développement physique, cognitif et comportemental. En contrôlant les divers facteurs potentiels confondants, l’analyse des résultats montre que les enfants issus de mères ayant vécu un niveau de stress objectif élevé ont obtenu une note de Q.I. plus faible de 10 points et des performances linguistiques (habiletés de langage) plus faibles que ceux dont les mères avaient vécu un niveau de stress faible à modéré. Cela dit, tous les enfants ont obtenu des résultats se situant dans les valeurs normales de ces tests.
Par ailleurs, les résultats ont fait ressortir deux points en particulier : 1) c’est le degré objectif d’exposition au stress (nombre de jours sans électricité, déménagements temporaires, pertes financières) plutôt que le stress ressenti par la mère qui est attribuable à l’effet observé, et 2) les effets sur le développement de l’enfant ne s’atténuent pas avec l’âge, contrairement aux prévisions des chercheurs. Finalement, pour toutes les variables de mesure considérées dans l’étude, les analyses de tendances montrent une relation curvilinéaire entre le stress objectif et le fonctionnement.
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